Virgilio au salon du livre de Chaniers ou le Portugal à l'honneur
Chers amis.
Je vous invite à rencontrer À Mots Ouverts samedi 12 et dimanche 13 mars sur le Salon du Livre de Chaniers, salon dédié cette année au Portugal.
À l'occasion du 13e Printemps des Poètes, dont le thème est D'infinis paysages, je vous propose deux animations.
Le samedi 12 mars à 16H30, un atelier d'écriture découverte intitulé "d'infinis paysages lusitaniens", juste après la conférence de Michel Chandeigne, éditeur, sur la littérature portugaise.
Le dimanche 13, à 16H30 également, nous clôturerons le Salon avec un Café littéraire.
Nous aurons le bonheur d'y recevoir le poète Virgilio De Lemos qui a accepté de lire quelques-uns de ses textes et de partager avec nous son amour de la poésie, en toute convivialité.
Le musicien Edwin Florez Henao accompagnera la lecture d'un air de fado.
Ces manifestations sont gratuites. Pensez seulement à vous inscrire, auprès de moi ou de la Médiathèque de Chaniers, pour l'atelier d'écriture découverte.
Et si vous ne pouvez venir à Chaniers, ne vous désolez pas, le samedi 19 mars à 14H30, nous vous accueillerons à la Maison Pierre Loti à Rochefort pour notre traditionnel Café poétique.
Je vous donnerai dans un prochain courrier tous les détails sur cet important rendez-vous pour lequel vous pouvez réserver votre place dès maintenant. (Comme je serai absente la première semaine de mars, n'attendez pas de réponse avant le 10.)
À très bientôt le plaisir de vous retrouver, À Mots Ouverts.
Un fini paysage ibère
Terre peignée de sillons colorés
Chevelure argentée de blond vénitien zébrée
Ondulations ensorcelantes d’une nature vibrante
Parée des voiles pastel de l’infante.
Collines généreuses aux croupes attirantes
Aux sombres ramures, aux tendres buissons
Végétales peintures d’une animale nature
Alanguie à l’ombre des vertes tentures.
Loin, très loin, montagnes embrumées
Mamelles dressées, de bleu peinturlurées
Arrogantes barricades retenant en leur sein
Le tableau garrotté.
Claire Rochon
Rivages
Fiançailles
De gros nuages immobiles
Étagent le bleu limpide
Moelleux moutons chantilly
À peine posés
Sur mille-feuille cendré
Gourmande
Je file vers les confins maritimes
Épousailles
Un souffle tiède
Inspire les marais où se rejoignent
Les herbes sèches sous l'azur épuré
Jaune et bleu s'épousent à l'infini
Se fondent
Loin
Dans le vert océan
Retrouvailles
Le soleil fuit
Je le suis à la pointe de l'île
Jusqu'à l'extrême limite de la terre
Que le ciel enveloppe
D'une variation de gris
Anthracite la grève
Perle les galets
Mercure l'onde
Bleuté l'horizon
À la chair bombée de la mer plombée
Confondu
Dans l'ultime trouée
Une touche de rose
Souris
Sylvaine Reyre
"Marmonneur de mots"
Hommage à Aimé Césaire
Le chat plissait les yeux dans la langueur crépusculaire
Loin les tam-tams
L'homme chantait fraternel et fier
Le chat se rêvait grand lion nonchalant dans la savane
Loin les rives du Congo, loin les ancêtres
L'homme debout psalmodiait
La sueur ruisselait sur les torses nègres
Sourde clameur, claquements secs des fouets, fers rouges
Mais blancs, blancs les hurlements d'agonie dans le silence
L'homme chantait plus fort
Ravivant les consciences
Touffeur de la nuit tropicale, effluves obsédants de l'océan
Troubles visions, effroi sensuel
Épouvantable splendeur des corps tordus à la lueur des torches
Songes moites, érotiques et barbares
Aimé le flamboyant déversait un torrent de cruelle beauté
Une mélopée de révolte apaisante
"car l'homme qui crie n'est pas un ours qui danse"
l'homme qui crie n'est pas un ours qui danse
Et le chat marron plissait ses yeux d'ambre.
Sylvaine Reyre.
Les frémissements
Mystères et contradictions apparents des plaisirs
et des sentiments. Le voyageur s'étonne du futur :
l'effondrement du calcaire au ras de l'âme. A nu.
Cycle de Noirmoutier 2
1987 / 1989
L'aveugle et l'absurde
Editions de la différence
Descente aux Enfers
Résurrection d'une descente
aux Enfers.
Sans limites l'ouverture
de l'angulaire.
Je casse les règles du jeu.
Ivre-Mort
Cycle New York
1985
L'aveugle et l'absurde
Editions de la différence
La mer s'obstine contre le roc
La mer me parle fort, me possède.
Je dévore l'horizon avec ma faim
d'Infini.
Dans l'attente, ton corps couvert
d'algues
traverse la brume.Ton regard s'éclaire.
A la tombée du jour
la mer s'obstine contre le roc.
Cycle St. Malo
1988
L'aveugle et l'absurde
Editions de la différence
L'état de grâce
Sur sept jours de lucidité, sept de vide.
Ni désespoir, ni dépression, ni absence.
La brume, le soleil, l'écume de l'illusion.
L'obscène pensée d'Alice
Editions de la différence
Acharnement
Tout et rien te conduit vers le néant.
Tes yeux d'épouvante et de chants s'acharnent :
n'interroge pas les dieux. Demeure.
L'obscène pensée d'Alice
Editions de la différence
Métamorphose
Aiguise ta conscience fumeur d'opium :
tu nages dans l'émerveillement, heureux,
et moi, dans l'agonie du voyage. Le creux.
L'obscène pensée d'Alice
Editions de la différence
La toile, ta demeure
Bleus et noirs
Les traits obsessionnels
de ta main te dévorent :
rupture des couleurs
des lignes
sur la toile
irréel en guerre
contre la peau
ridée de silence.
Ta main perce
la toile
mon regard surprend
ton sein.
Organique il avale
l'impossible absolu
de ton corps
ludique.
L'oeil du silence
Paris et Noirmoutier
1991
Inédit
En silence
Le silence du désir
éclate
au milieu de l'après-midi
effraction à la mémoire
fantasme qui fustige
mon double
mes songes.
L'eau fraye son chemin
silencieuse.
L'oeil du silence
Max Ernst
L'oeil du silence
Paris et Noirmoutier
1991
Inédit
Défi
L'oeil du silence tâtonne
l'inconnu
pour élaborer l'image
de l'autre
espace d'illusion
de subversion
gestion du défi
de la pensée
éclats du délire
pour éloigner les finesses
de la mort.
L'oeil du silence
Paris et Noirmoutier
1991
Inédit