LA MER ET LES OISEAUX
« Virgilio s’en est allé » -
Dit-on pudiquement
Pour évoquer ta mort
Et je ne parviens pas
À exprimer quoi que ce soit
Sur ton absence
Parce qu’elle est incrustée
En moi
Et me laisse sans voix
Dans ce silence
Qui n’est plus le même silence
Non
Je ne parviens pas
À dire
Ton absence
À dire
Ton silence
Ce serait les considérer
Comme définitifs
Alors qu’il n’en est rien
Je retrouve ta voix et ton visage
Dans tes livres
Fidèle aux rendez-vous
Dont nous avions pris
L’heureuse habitude
Tu redeviens parole
Présence
Et appétit de vivre
Dans le discret de ton sourire
Et tes yeux dans mes yeux
Nous poursuivons le dialogue ininterrompu
J’ai encore tellement
À apprendre de toi
Que nous marchons ensemble
D’un même pas
Au-delà du temps
Tu es ici
Tu existes
Le temps
Lui
N’a jamais existé.
Patrice ANGIBAUD
Virgilio me demande souvent : "Je veux une photo d'oiseaux et de la mer"