Virgilio de Lemos lit Patrice Angibaud
Virgilio de Lemos lit Patrice Angibaud
Marques de rouge à lèvres
Sur le mégot abandonné
Au fond du cendrier
Seules traces laissées
Par celle qui m'a précédé
En ce café
Ville
Des solitudes juxtaposées
La présence d'une femme
C'est parfois
Un peu de rouge à lèvres
Sur une feuille de tabac froid.
Aller au-delà
Du désert
Apprendre
A traverser la pierre
A fendre peu à peu
Le roc
Chercher
La nappe souveraine
Un jour enfin
Trouver l'onde
De choc.
Des hommes comme lui
Oeuvrent au-delà du silence
Pour retrouver
Les sèves libératrices
Pour approcher cette étincelle
D'or obscur qui est en nous
Capable d'embraser la vie
Et si la nuit semble vouloir les effacer trop vite
D'autres se lèvent
Pour reprendre et prolonger le chant d'amour
Aller plus loin sur des chemins
Qu'on croyait interdits
D'autres se lèvent
Que tant de ferveur
A transfigurés.
A la mémoire de Gilles Fournel
A Georges Drano
Tous ces murs
Ces visages
Combien de pierres
A faire sourire
Pour avancer ?
in Tant perdu
édition Gros Textes
2009