ORAISON (poètes)
À notre Ami Virgilio de Lemos
L'Ile est un univers clos et son contraire.
Le silence est bleu.
La souffrance est là, comme une étoile dans le ciel.
Au revoir poète solaire.
Reste serein, sois heureux.
Annick Pipaud
le souvenir des morts
s’ancre dans la mémoire
le poids des cadavres
explose dans mon crâne
morts connus et inconnus
emportés par la tourmente vitale
perdus ou retrouvés au gré des vaines amours
la mémoire des morts
s’épanouit dans les rides du cerveau
et danse autour du futur
morts que j’ai épuisés
morts que j’ai évincés
morts dont je me suis nourri
morts qui se dressent pour me soutenir
cadavres que je cultive au creux de l’espoir
mémoires décomposées que je reprends à mon compte
rires évanouis que je m’échine à revivre
souffrances apaisées qui ressuscitent en moi
morts à jamais égarés qui s’agitent au fil de mon temps
morts qui jaillissent en silence
des deuils accomplis
silences qui s’embrasent
au son des regards estompés
morts partis encore présents
morts lointains que je touche du cœur
morts semblables aux vivants
morts qui traversent les âges
morts dont la vie m’engage
morts dont la mort ne fut pas
mémoire fragile de moments cruciaux
lacunes béantes dans le temps revisité
absences présentes de tous les instants
souvenir des morts
prothèse de la mémoire vivante
chemin parcouru à rebours
pour avancer
Pedro Vianna
Paris, 7.V.1992
in Désir et réalités
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Gratitude, pour Nelson Mandela et Virgilio de Lemos
Dimanche 8 décembre 2013
MadibaTu es parti
Je ne t’ai pas vu
Parti rejoindre les géants
Loin de ma vie futile
Que reste-t-il de notre passage
Quand nous tournons poussière
Dans le grand maëlstrom
Des âmes désincarnées
Ta force amende la terre rouge
Mais tous les obscurs sacrifiés
Les morts innombrables
Dans l’arène brûlante
A quel dessein leur souffrance
Tu le sais maintenant
Toi qui es arrivé
Invaincu
Nous verrons-nous à destination
Me feras-tu signe ?
Sylvaine Reyre