POEMES DE MACAU ET D'INDE

Publié le par Dunes.Lover.

+ORIENTE (Macau ,1996) et Goa, Jaipur, New Delhi, Bombay, etc 1991)

 

Choix de poèmes  écrits à   Macau (1996) et à travers l’Inde (1991) New Delhi, Bombay, Jaipur,   Adaipur,  Goa …).  Voir revue « Nova Remascença «  Inverno/ Outono 1996) dirigée  par  Jose Joaquim Seabra (¨Porto/, Vila Nova de Gaia   

 


IMPRESSIONS DE CHINE

MACAU

 

TROIS  FOIS  SEPT


1. 

Magie et Mystère qui

Nous ravissent

L’âme.

Songes qui refusent l’encadrement

Du non-dit. Pas de signes.

Pas de chemin.

 

2.

L’âme ne se nourrit pas de dieu

Mais  d’elle-même

Lumière du  cœur et  de  l’esprit.

 

3.

L’âme se nourrit du revers de

L’âme

Revers de l’absence, de  l’oubli,

De  l’ombre de la nuit.

 

4.

Aucune prière  ne comble ta soif

d’éternel. Le souffle

de ton sang libéré de

narcisse-la séduction

te délivre de tes propres

Soupirs. Oiseaux  fantômes qui

 agitent ta nuit.

 

5.

La fleur des  Montagnes

Oiseaux  des flammes au fond

De l’océan. L’absence.

L’Orient est le temps

De ton désir. La douceur

De l’inventer. Solitaire,

Joie du silence.

 

6.

Lumière et brume

L’esthétique du génie et

Du vouloir. Le silence

De l’ombre. Sans Art. Soleil

Inassouvi de l’Art.

De l’autrement dit.

Dans le plus intime de ton être,

Brûle  la mélancolie

Soif de la clarté de l’être.

 

7.

Le silence de l’ombre

Désir de tout faire

Se dédoubler  dans l’ombre

sans tout vouloir

s’approprier

regard subtil en colère

et fragile.

 

Virgilio de Lemos 1996

 

Macau (3) Autres  fragments

 

L’innocence seule embrase

l’âme

Et  la  fait  renaître. Seule.

L’ombre  de tes mangues

tes dattiers.

 

La   rosée de  l’œil  détourne

Le regard  du désespoir.

Le dard éclose. L’éclat du soleil

Se meurt.

 

Pulsions du cœur

La main de l’écrit se délivre

De  la souffrance. Oiseaux

De l’errance.

Terreur du sang et

Des fruits.

Austère et intense

Lumière de  l’éternel.

La grande

Illusion, hors-Temps !

L’âme  du rire qui laisse

la Mort s’en voler !

 

1996

(à l’occasion du Congrès International des Journalistes de langue portugaise Juin 1996

 



L’OBSESSION DU CŒUR

(Macau  JUIN 1996)

 

1.

Les voleurs des  rêves d’or

Je dis l’absurde. Cendres chaudes.

 L’étoffe de la cécité.

 

2.

Lune qui se regarde

Eblouie  par les larmes du rire et

Du désespoir. Gratuit.

 

3.

Le salut de l’âme traversée 

Par l ‘obsession du cœur. Passion.

 

4.

Le ciel et l‘enfer, l’eau vive

De la jouvence  du corps et

du sang,

les soucis  de l’esprit de la marge.

Mémoire du temps

des supplices et  désirs  cachés.

 

5.

Il fuit les éclats de la beauté

La lumière. Les prodiges des mots

Inassouvis.

Il fuit les éclats du rire du faire et défaire

De l’écrire.

La grande nuit du regard !

L’Orient.

 

6.

Il cherche plutôt  les hôtes.

La brume. Timide le feu,

Esthétiques les signes. Lumières

Du dessein. Du désir

 

7.

L’âme  de l’enfant  terrible

En moi

Me gronde :

On eût dit le  fantôme

Le fantasque

Mots  magiquement revenu de

L’inquiétude   de  la profondeur

De l’océan. Du jamais vécu.

Whitman, M. Lowry,  Melville

Verne !  Où êtes-vous

Cachés ?

 

Le soleil de l’Orient jaillit

De  l’esprit.  Soupirs légers

Il aime se perdre  à l’écoute

Du feu.

Sa forêt  prend feu 

dans l’éphémère plaisir !

 

Virgilio de Lemos Juin 1996

 

 

 

 

IMPRESSIONS DES INDES  

Virgilio de Lemos / 1991

 

l.

Chant de luth et de tambour

Chants de clarinette

Peuvent-ils s’entrelacer dans un seul

Chant d’amour ? Chambre de musique ?

 

Le premier frémissement

N’est jamais identique

Le poème fuit

Sa propre genèse et

Renaît Autre. Orient  qui me poursuit

Ou le parfum de l’enfance.

 

2.

Raréfié

Le seul des crépuscules

A Goa , la subtile,

la singulière, la romantique !

 

3.

Lumière aux frontières

Du doute .Brume

Qui libère l’esprit. Orient.

 

4.

Fugitive brume. Brume qui

Je  n’ai pas  dit.

Lumière qui se dissout

Emportée par le vent.

 

5.

Lumière  et brume qui

N’échappent pas  à la colère

De l âme. L’âme 

de l’Océan primitif

et sauvage.  Blanc du regard.

Ecumes. Exil blanc. Sans trêve.

 Brume.

 

6.

Lumière et brume

L’esthétique  du génie  et

Du vouloir. Le silence

De l’ombre. Sans Art .Soleil

Inassouvi   de l’Art.

Dans le plus intime de ton être,

Brûle   la mélancolie

Soif de la clarté de l’être.

7.

Le silence de l’ombre

Désir du tout  faire

Sans le  vouloir. Sans tout vouloir

S’approprier

Regard subtil en colère

Et fragile.

 

Virgilio de Lemos   / 1991

 

 

 

 

 

IMPRESSIONS DES INDES    /l991

 

FORT AGOADA

 

l.

Au crépuscule, le soleil

S’étoile, le trou noir

S’étincelle, l’infini

S’offre au désir

Du rêve.

 

2.

Avec son air fin-de-siècle

Le pianiste joue

Sans amertume

En sourdine,

le souffle

De l’inquiétude

Annonce la mousson.

 

3.

La beauté est artifice

Brûlure

Sublimation du deuil.

Prisonnier de l’énigme

Tu reste hypnotisé

Par l’éternel.

Brume subtile

Corps de l’illusion.

 

 

4.

La poésie

Guette la brèche

De l’infini

Au seuil du non-dit.

L’humilité du regard

Fait la splendeur et l’humilité

Du génie.

 



ERASMUS ET LES DIEUX

 

Erasmus dit que le pardon

Est impossible à rassasier

Et se passe des soupirs sacrés.

La musique des signes donne un sens

Aux dieux sans queues ni têtes.

Dans l’affrontement du vide

Et de la mort, les dieux

Sont sans mélancolie, sans pathos.

 

L’âme se dévoue éblouissante

A des plaisirs démesurés.

Oblique, elle file

Vers l’irrémédiable,

Ligne droite

Du désir inassouvi.

Lentement ton cri de jouissance

Se perd dans la transparence

De la nuit.

 



LES CIMETIERES ANGLAIS ET PORTUGAIS

 

Entre moi et l’infini du secret

De la mousson

Les pétroliers géants,

Au large, en attente :

La synagogue abandonnée

Les cimetières délabrés

Réveil de l’illusion

Contre l’éphémère.

L ‘évocation meuble

Le néant la dérision.

 

Pangim   2.6.1991

 

D’un coté le cimetière anglais, le palais des vices-rois portugais et du gouverneur de l’Etat,

De l’autre coté la baie de Mandouville.

 

 

 

1.

Le temps s’arrête,

La   vie s’estompe,

Se fige.

L’absence fustige

L’abstraction.

Flagellé l’imaginaire

Crée l’incréé.   Transfiguré

Tu semble renaître.

 

2.

La mort

Refait le visage de la vie.

L‘absence ouvre les  yeux

Du rêve.

 

3.

Fluide, le temps

S’inscrit dans l’eau

Des rizières, des étangs,

Des marais. Le temps

Se dissout dans le temps.

Le temps dort les yeux fermés

Derrière ta douleur.

 

 



NOCTURNE INDIEN

 

On dirait qu’il nous jette

A la figure

Le possible et l’impossible

Le vide et le plein

Dans l’image la plus crue

Du désarroi.

Le Jardin délabré l’homme

S’enfonce

dans le creux de la nausée.

 

Gare d’Aggra 25.4.91 retard de 5 heures. Les passagers campent par terre.

 

En regardant les visages des passagers

Du dernier train de nuit,

Tu t’enfuis bien au fond

Du wagon de l’Infini.

La paranoïa du feu, flamme

De la mélancolie,

Te délivre du réel.

Seule l’âme sait dire

L’Absence.

 

 

 

Consterné, tu pleures,

Tu gémis. Le silence seul

Déplore ton sort. Ebloui

Il diffuse le charme

De l’inconnu. De l’obscur.

Abyssale, l’incertitude

Est un don

De ta propre nuit.

 

 

l.

Vivre

Mûrit de mourir

A chaque instant de vie.

 

Jaipur

 

2.

Les sons de la lumière

S’approprient

Le sens des mots.

Des sons

Qui s’entre-dévorent

Dans l’éclipse de l’ombre.

Le silence

Dans le défi du secret

De la mémoire des sons.

L’insoutenable

Solitude de la lumière.

 

New Delhi

 

3.

La brume dorée de l’irréel

Couvre les corps

Desséchés.

Le surréel émerge.

 

Bombay

 

 

 

PRAINHA BEACH ( GOA )

 

 

l.

La rose s’ouvre sur les cocotiers

De la joie. Palmeraies

Dans la cabale de la mer d’Oman.

Subtil,  le vide

Ouvre l’esprit et rallume

Le feu de la beauté.

 

2.

Précarité des jours

Masque  subverti du réel

Et de la raison :

Lucide et cruel,  le désir

Recrée la mémoire.

Par dérision tu es

Fiction.

 

Prainha Beach  /  Dona Paula  / 2.5.91

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