HAÏKUS ENTRE-MUROS

Publié le par Dunes.Lover.

HAIKUS ENTRE–MUROS ( 1961/62)

( poemas da prisao )

Duarte Galvao

 

 

 

l.

 Na vertical  vertigem triangular  de lanças  e pontas, orgasmos de sol na urgencia

de cores e sons. Musicais. Grito das Aves !

 

Dans le vertige triangulaire des lances et des poignards, orgasmes  de soleils. Dans l’urgence de couleurs et de sons.  Musicaux. Cris d’oiseaux !

 

2.

 Murmurios d’agua. Brancura da melancolia que vive fora de muros. Amordaçada  tambem !! Alucinaçoes.!

 

Murmures d’eaux. Blancheur de la mélancolie qui vit hors murs. Bâillonné elle-aussi !  Hallucinations.

 

3.

 Batalhao d’impaciencias. Sem dunas  nem mulheres nuas em tuas praias de sonho.

No incendio das horas.Crianças na linguagem do viver !

 

Bataillons d’impatiences. Sans dunes ni femmes nues dans tes plages de rêve.  Dans l’incendie des heures. Enfances dans le langage du vécu !

 

4.

No coaxar das ras  se escondem os lamentos da noite.

Tudo morre no silencio das palavras!

 

Dans le croassement des grenouilles se cachent les lamentations de la nuit. Tout se meurt dans le silence des mots !

 

5.

Rostos nas cores de Siena. Luz ocre e amena. Em papeis  enrolados   tabaco que fustiga o verbo.Vigilantes antenas.

 

Visages sur les couleurs de Sienne. Lumière ocre et apaisante. Sous les rouleaux de papier, le tabac qui fustige le verbe. Vigilantes antennes.

 

6.

Rostos que falam a linguagem dos limites .Sonho que emudece.

 

Visages qui parlent  le langage des limites. Rêve qui  nous rend muet.

 

7.

 Em volta de um  olhar vigilante, cordas de sangue. Brisa de um instante !

 

Autour d’un regard vigilant, des cordes de sang. Brise d’un instant !

8.

 Musica d’aguas. Acrobacias da noite. Apetencia suicida do desejo .Imagem  orfa de sois e alegria !

 

Musique d’eaux. Acrobaties de la nuit. Appétit suicidaire du désir. Image orpheline de soleils et de joie !

 

9.

Sinais de musica que se apropriam teu Ser  teu corpo teu  verbo. Sinais que assaltam os lugares da interrogaçao.

 

Signes de musique qui s’approprient ton être, ton corps, ton verbe. Signes qui assaillent les lieux de l’interrogation (interrogatoire ? questionnement ?)

 

10.

Hayden e  Mozart fazem gemer  os silencios de Brecht : Algemas de todas as Bastilhas do mundo  rosto d’escarneo!  Trompetes  e contra-baixos do Seculo XX.

 

Hayden et Mozart font gémir les silences de Brecht : chaines de toutes les Bastilles du monde, visage de répulsion ! Trompettes et contrebasses.

 

11.

Na luz das proprias sombras,  insustentaveis gestos – monstros  de medos desconhecidos

Labios e bocas  ,gigantescos , membros   olhares das trevas . Infernos.Desordem !

 

Dans la lumière de ses propres ombres, de gestes insoutenables – monstres de peur. Lèvres et bouches inconnues, membres gigantesques, regards des ténèbres.Enfers. Désordre !

 

12.

Grandes barras de ferro.  Que se multiplicam. Veus sem rostos. Corpos sem alma.

Coraçao sem palavras. Indizivel  o erotismo de teu  verbo .O espanto cego de teu rosto !

 

Grandes barres de fer qui se multiplient.Voiles sans visage. Corps dépourvues d’âme. Couleurs sans paroles. Indicible l’érotisme de ton verbe. L’épouvante aveugle de ton visage.

 

13.

A inocencia nao basta  na resistencia ao medo. E ao horror.  Castraçao.Violo. Cigarro em brasa no teu  mamilo.Dedos quebrados. Respostas  adequadas !

Confissao !

 

L’innocence ne suffit pas pour résister à la peur. Et à l’horreur. Castration .Viol . Cigare allumé sur ton téton. Doigts  brisés. Réponses  adéquates .Confession  !

 

14.

Tortura da estatua. Alucinaçoes. Mergulho na noite . Gota  d’agua intermitente !

 

Torture de la statue. Hallucinations. Plongée dans la nuit. Goutte d’eau intermittente

 

 

 

15.

 Acossados à traicçao e à morte  vamos lançando sobre o inimigo o que nos sobra de resistencias morais. Ate quando  seremos nos ?

 

Acculés à la trahison et à la mort nous jetons à la face de l’ennemi ce qui nous reste de résistance morale. Jusqu’ou resterons-nous nous même ?

 

16.

Reduzidos à  animalidade pela fome e  sêde, incendiados por incendiarias bombas de luz,  vamos bebendo nossa propria urina  e sangue. Sou eu ou Outro , ruina de mim mesmo ?

 

(Ao companheiro Vicente Mukavel ,envenenado pela PIDE depois de sair da prisao !)

 

Réduits à l’animalité par la famine et la soif, incendié  par des bombes incendiaires, bombes de lumière, nous buvons notre propre urine et notre sang. Suis-je moi ou l’Autre, déchet de moi-même ?

 

17.

Avidas de liberdade – sangue erotismo violencia – antros de corrupçao e decadencia.

Ssinuosas linhas de cobiça e vaidade .Murmurios e raiva. Sinais da cidade  que tambem habitam as celas.

 

Avides de liberté – sang, érotisme, violence – dans ces antres de corruption et de décadence. Lignes sinueuses d’avidité et de vanité. Murmures et rage. Signes de la ville où gisent aussi des cachots.

 

18.

Ha sempre generais  em cada anonimo agente. Ladrar dos caes nas

 ruas vizinhas,   gritar das ordens de cima. Aberraçoes sexuais.  Nadegas de sangue.

Colheradas  de fezes e fel. Obscenas feridas  que demoram a sarar.

 

Il y a toujours des généraux en chaque anonyme agent. Aboiement de chiens dans les rues voisines, rappels à l’ordre au-dessus. Aberrations sexuelles. Fesses en sang.  Soupières d’étrons et de fiel. Blessures obscènes difficiles à guérir.

 

19.
A  cada novo muro de vergonha nossas « formigas brancas » no desafio da sabotagem. Deixa  que a vertigem ganhe asas de fogo  .Luz  dentro de ti. Bach !

 

A chaque nouveau mur de la honte, nos « blanches fourmis » dans le défi, du sabotage laisse que le vertige gagne des ailes de feu. Lumière au-dedans de toi. Bach !

 

20.

Teus cabelos  dançam ao sabor da musica.! Teus seios serao fogos  ardentes d’insossego.

No legitimo gozo  deste vai e vem do sol pela janela - Luxuria das palavras.

Nocturnos de Chopin.

 

 

Tes cheveux dansent à la saveur  de la musique. Tes seins seront des fournaises ardentes d’intranquillité. Dans la jouissance légitime de ce va-et-vient du soleil entrant par la fenêtre. Luxuriance des mots. Nocturne de Chopin.

 

21.

Na Casa dos  9 pode morar gente bem e gente corrupta,  acanalhada ,Mafias da mais valia!

Por vezes passam por là  entre as 7 e as 9  Deus e o diabo

com o olhar de quem  vai comprometido.

 

Dans la maison des 9 il peut y avoir des gens de bien et des gens corrompus, encanaillés. Mafias de la plus-value ! Parfois Dieu et le Diable passent par là entre 7 et 9 avec le regard de celui  qui s’est compromis.

 

22.

Seras escravo  enquanto nao forem tuas maos a traçar tua vida. Teu  destino.Revolta-te.

Nem os espiritos da noite sao livres guiando   punhais e  balas que nos matam

 

Tu seras esclave tant que tes mains et elles seules ne traceront la route de ta vie. Ton destin. .Révolte-toi. Les esprits de la nuit ne sont pas libres en guidant les poignards et les balles qui nous tuent.

 

23. 

O perigo vem de novas roupagens. Anestesias. Manipulaçoes. O recolonizar de teus proprios sonhos, tua propria vida. Metamorfosear  palavras e ideias sem desvestir conceitos ? Nù ou vestido em que leito sonhas ?

 

Décoloniser les mots et les idées, sans dévêtir les concepts ? Le danger vient d’enrobages nouveaux. Anesthésies. Manipulations  La recolonisation de tes propres rêves, de ta propre vie.

 

24.

Dentro de ti vivem  os limites e ilimites do que desejas. Teu proprio desejo

Conhece  os caminhos  para o mar . Imprevisivel tua alma. E Mozart.

 

En toi vivent les limites et le contraire  de ce que tu desires. Ton propre désir. Connais les chemins vers   la mer. Ton âme est imprévisible. Et  Mozart.

 

25.

Respira a plenos pulmoes diante do mar. Capta as vibraçoes musicais  ns asas  do teu

desejo. No sal que aspiras  nasce a memoria . Permanencia  e impermanencia. Binarios ! Espera-me Berg.

 

Respire à pleins poumons face à la mer. Capte les vibrations musicales, les ailes de ton désir. Ta mémoire nait dans le soleil auquel tu aspires. Permanence et impermanence. Dialectique binaire. ! Attends-moi Berg.

 

26.

Nao minimizes o que ves e ouves. Tenta apreender o que nao sabes .Avança entre a luz

Que te atrae e o que é fluido. A voz que te persegue. Foge ao que é muito  preciso.  Abraça a vivencia das coisas, os ilimites.  Quem te devora é  Bach !

 

Ne minimise pas ce que tu vois et ce que tu entends. Tente d’appréhender ce que tu ne connais pas. Avance parmi la lumière qui t’attire et ce qui est  fluide. La voix qui te poursuit. Fuis ce qui est  trop précis. Embrasse le vécu des choses, l’illimité. C’est Bach qui te dévore !

 

27.

 Nem as palavras vagas nem vagas de palavras. Vive as coisas  por dentro e fora.

Na musica das palavras vive sua essencia. O intemporal. OrlandoF. Em  mim  Vivaldi.

 

Ni les mots vagues ni la vague des mots. Vit les choses au dedans et en dehors. Dans la musique des mots vit leur essence. L’intemporel. Orlando Furioso. Vivaldi en moi.

 

28.

 Cadencias livres .Substantivos gregos e celtas.Partituras. Sensibilidade e  distancia

mento ! E que a linguagem do  corpo seja a voz da alma .A que se interroga e fala ao

 Outro. Shonberg  e seus segredos!

 

Libres cadences. Substantifs grecs et celtiques.  Accouchements. Sensibilité et  éloignement ! Et que le langage du corps soit la voix de l’âme. Celui qu’on interroge et qui parle à l’Autre. Schoenberg et des secrets !

 

29.

 O sol vermelho  mergulha no mar e desaparece.Tua alma é o passaro vermelho que nao vês!  Hayden de labios de seda e bocas de sangue !

 

Le soleil rouge plonge dans la mer et  disparaît. Ton âme est un oiseau rouge que tu ne vois pas ! Hayden  aux lèvres de soleil et bouches de sang !

 

 

30.
 Equinocio. Chuva de estrelas. Janeiro e Fevereiro. Teu coraçao um guarda chuva quebrado

 Stockausen  nos gritos da noite.

 

Equinoxe. Pluie d’étoiles. Janvier et Février. Ton âme est un parapluie brisé. Stockhausen dans les cris de la nuit.

 

 

31.

Entre  teus dedos cerrados –polegar e indicador – a flor no seu ultimo suspiro.A morte!

 

Entre tes doigts serrés – le pouce et l’index – la fleur dans son dernier soupir. La mort !

 

32.
Proibiram o SOL de entrar em tua cela. Estupido erro  de estrategia da policia politica

Em tua alma a noite é MUSICA.

 

Ils ont interdit le SOLEIL de pénétrer dans ta cellule. Stupide erreur de stratégie de la police politique. Dans ton âme la nuit est musique.

 

33.

Em octologos tu e o Oriente condenados aos limits da pauta. Em septogos  às regras do impar. A ave em ti livremente precisa de respirar .Oriente de ilimites. Bethoven Nona Sinfonia.

 

In Octavo toi et l’Orient condamnés par les limites de la feuille. In folio aux règles de l’imparfait. L’oiseau qui est en toi, libre, a besoin de respirer. L’Orient de l’illimité. Beethoven, la  neuvième  symphonie.

 

34.
Cartas de marear  na interrogaçao dos sinais do vento e do verbo ? Espirito solto

inventiva voz, tu és mais  o  fazer que  sonhar. Exorcismo das ilhas do silabar. Desejo  e desafio.

 

Cartes de navigation qui interrogent les signes des vents et du verbe. Esprit délié, inventive voix, tu es le faire plutôt que le rêve. Exorcisme des îles du  soliloque. Désir et défi.

 

35.

A sensibilidade nao é a unica lei. A alma nem sempre é a luz que te conduz ao delirio do fogo ao  Nirvana . Musica é o rio que corre em tua alma.

 

La sensibilité n’est nullement la seule loi. L’âme n’est pas toujours la lumière qui t’entraîne dans le  délire du feu vers le  Nirvana. La Musique est le fleuve qui coule dans ton âme.

 

36.

Rosa de esteticas sem jardineiro .Ego perdido  no  « trou noir »de  tua floresta..Itaca sem palavras.  Musica do silencio. Silencio da musica!

 

Rose d’esthétique sans jardinier. Ego égaré dans le «  trou  noir » de la forêt. Ithaque  sans mots. Musique du silence. Silence de la musique !

 

 

37.

Tudo é impermanencia do corpo e da linguagem do corpo. A ausencia nao é um conceito inutil. Ela pode  em tua alma  ser a luz.   Musica! (na  evocaçao de  Haroldo Campos e Augusto em S.Paulo)

 

Rien n’est permanent dans le corps et dans le langage du corps. L’ absence n’est pas un concept inutile. Elle peut devenir lumière en ton âme. Musique !

 (En évoquant Haroldo Campos et Augusto à Sao –Paulo, Brésil)

 

38.

Imagens copulares nao  ajudam necessariamente a erotizar  teu corpo, tuas sensaçoes. Nao ha receitas ou teorias.Materia fora de tua propria experiencia pouco ou nada vale.  Viaja a experimentar, fazer e desfazer .

 

Des images de copulation n’aident pas nécessairement à rendre érotique ton corps, ni tes sensations. Il n’y a pas de recettes ou théories valables sur cette question hormis ta propre expérience. Evitons les spéculations. Il faut agir immédiatement à contre-courant, mutuel consentement s’impose.

 

39.

Erotizar a vida pode abrir a via contra conformismo.Conformismos que se perpetuam e regressoes que sao afltivas . Coros angelicos so podem conduzir a imagens idilicas da vida.

 

Erotiser la vie peut ouvrir la voie au conformisme. Des conformismes qui se perpétuent et des régressions affligeantes. Les chœurs angéliques ne peuvent que conduire à des images niaisement idylliques de la vie.

 

40.

Erros na vida em detrimento dos outros, de quem sofre e paga a factura ?  Erros se repetem vindos de quem  recorre a cada passo ao ceu.

Deus nao responde ao telefone, ausente na lista dos assinantes

 

Les erreurs dans la vie au détriment des autres,  de ceux qui souffrent  à la base de la pyramide sociale, des erreurs de  ceux qui ont constamment recours au ciel. Dieu ne répond pas au téléphone ; il est sur la liste des abonnés absents.

 

Traduction  en français d’Americo Nunes, Historien et poète. Septembre 2006

 

Virgilio de Lemos a eu trois hétéronymes pendant  sa vie au Mozambique Duarte Galvao, Bruno dos Reis et Lee-Li Yang.

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